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Philibert-Charrin

                                                               Philibert-Charrin
                                                                                                              ( 1920-2005)

                                                           (huile,gouache,pastel,aquarelle,dessin)

                                                 du 3 décembre 07 au 5 janvier 2008 

                                                                Vernissage le jeudi 6 décembre 07

      

PHILIBERT-CHARRIN

Il avait horreur des mots et citait MATISSE :«En art ce qui peut se dire avec des mots ne compte plus», puis cachait derrière le rire, l’ironie, l’humour son humanité profonde.
C’est dire la crainte que peut éprouver un peintre à simplement parler, quand il nous quitte, d’un autre peintre qu’il aimait.
Lorsque, baptisée par lui «Cosette», une vieille femme chemine en quelques traits sous le dessin de Philibert; lorsque sous son crayon un «Chemineau» pesant du sac qu’il porte, dit toute la misère du monde; lorsque le vaste espace de la plage de Mesnil-Val surgit de quelques hachures surprenantes de simplicité; que la gracilité nue «d’Églantine» résume en quelques traits sûrs et sensibles la fragilité d’une femme, ou que le chien «Vend Gence», à peine esquissé, vous regarde fixement, on sait qu’il y a là du grand art et l’on songe à une tradition issue de Daumier et de Forain.

Et cette humanité se retrouve dans l’œuvre peint, aux Tuileries, à Puteaux, en bord de Seine, dans les autoportraits et les natures mortes où Philibert introduit dans une matière apparemment épaisse - telle que l’école de Lyon dont il était issu la pratiquait- la force d’accents largement affirmés et pourtant nuancés, transparents et subtils qui livrent et transmettent la mesure de son émotion - où tout est dit par le contraire même de l’habileté.
Plus tard viendront les collages, parfois riants, parfois austères, pétillants d’une invention inlassablement illimitée…et ce sera une autre page - et pourtant la même - de la vie d’un peintre dont l’indépendance, la chaleur humaine, la culture et l’exigence de vérité ont comme préservé, en notre très difficile époque, l’intimité d’un grand talent.
Au revoir, cher Philibert : ton œuvre est là.
                                                                                                                                            Philippe LEVANTAL
                                                                                                        Peintre
                                                                                                                                Paris, le 25 octobre 2007

PHILIBERT-CHARRIN

"Peinture et poésie

Ce bel artiste pudique et discret nous a quitté en juin dernier à l´âge de 86 ans. Son oeuvre est l´expression d´un regard sensible, attentif à la mélodie permanente qui´il savait déceler dans la vie de chaque jour. A la musique symphonique Philibert-Charrin préférait la musique de chambre.
Elle correspondait à sa nature contemplative, qu´il exerçait autant à l´extérieur qu´à l´atelier, attentif à retrouver les accords et l´harmonie qui incarnent toute vie, y compris celle des objets silencieux.
S´il s´était  fait une renommée avec ses collages, il était peintre avant tout, se permettant d´emprunter des chemins de traverse avec des constructions formelles à partir de tissus, de bouts de journaux et de petits riens oubliés.
Dans ses collages, d´une inventivité ludique dont la magie exerce une séduction permanente, on observe la même rigueur de la pensée, la même exigence plastique qu´avec ses peintures, dans son désir de transfigurer son sujet en un moment de beauté et de poésie. Une poésie qu´il transmet grâce à un métier parfaitement accompli pour servir en totale indépendance son langage.
Les moyens sont différents pour un moment d´émotion identique. L´exposition réunit des oeuvres sur papier et des petites peintures, les une, pochades spontanées, les autres, compositions lentement élaborées.
Les dessins ont cette simplicité de la ligne éloquente parce qu´efficace dans l´expressivité graphique. Tout est dit en quelques traits de l´humilité, de l´attente, de ses moments fugitifs offerts par des modèles anonymes dont Philibert-Charrin capte l´essenciel.
Quant aux peintures, elles sont dans l´effusion chromatique. A la suite de Seurat et de Bonnard, Philibert-Charrin travaille la couleur dans la lumière. Bien que rattaché à l´école lyonnaise, aux côtes de ses amis Truphémus, Fusaro et Cottavoz, il allège sa matière et réveille un chromatisme nuancé tout en transparences.
Il faut prendre le temps, regarder lentement ses oeuvres pour mesurer la sérénité de ce poème de la vie." Lydia HARAMBOURG, la Gazette de l´Hôtel Drouot, 21 décembre 2007

                                                                                                               Vue d´exposition :


Précédente : Lewigue Suivante : René Basset
 
 
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