Elle vit et travaille à Paris
La parcours artistique de Marie José Lavie est placé sous le sceau du voyage. Elle eut successivement un atelier à Venise, à Rome et maintenant à Patmos (Grèce). Son oeuvre comprend des aquarelles, des pastels, des monotypes, des huiles et des temperas ( elle est également iconographe). www.galerielavie.com

Le voyage d´Italie
"Je dis Venise et aussitôt, dans la vacance du mot, éclatent des couleurs et des feux d´artifice, Turner, Renoir, Monet, Signac, une ville de papillotements et d´éclats, une ville carnavalesque et croustillante, dorée et cuite à point d´un midi sempiternel.
Il existe pourtant une Venise plus secrète, éloignée, silencieuse et crépusculaire, qui ne se laisse guère saisir. C´est celle de Music et de ses dessins à la plume, celle de Whistler et de ses gravures. C´est dans cette seconde lignée que s´inscrit la Venise de Marie José Lavie.
Venise des ombres et des brouillards, Venise de pluie tenace et de passants furtifs, c´est la Venise des Papiers d´Aspern de Henry James. C´est la ville d´industries et non des plaisirs, des Moulins Stuckys et des grues de la Giudecca, des visages dérobés derrière les grillages de fenêtres dans les calli étroites, des campielli déserts, des petits ponts qui font le gros dos.
Cette Venise-là, c´est aussi celle du quai des Zattere, qui borde un canal large comme un bras de mer et amplement dessiné, alors que le Grand Canal est étroit et sinueux. Dans son axe vers l´ouest, se glissant sous le pont de métal de Porto Marghera dont il adopte peu à peu la courbure, le soleil s´enfonce chaque soir, plongeant sous les fumées noires des raffineries.
Ville noire, eaux noires, ciels noirs : par en bas cependant l´eau bouge sans arrêt, pour prolonger le moindre éclat, et vers le haut, le ciel s´éclaire.
Permanence, précarité. Le Pont de l´Accademia détruit pendant la guerre, a été reconstruit en bois, de ce provisoire qui dure en se dégradant sans fin. Marie José a préféré fixer l´image du Pont du Rédempteur qui, une fois par an, en souvenir de la guérison de la peste, le troisième dimanche de juillet et pour un jour seulement, alors qu´il est solide comme un ouvrage du Génie militaire, relie les deux rives.
Pour fixer cet univers urbain de transivité, d´éphémérité, de noirceur, il fallait un médium très particulier, qui lui aussi, comme le Pont de bois, n´est franchi qu´une fois et qui ne ressert plus. Un médium capable aussi de faire ressortir la gamme des noirs, et la labilité des frottis : le monotype, si rare et si précieux, était trouvé.
Il est aux fumées, aux suies, aux charbons, aux voilettes obscures qui se posent sur la peau de la cité ce que le pastel - autre médium privilégié de Marie José, est aux couleurs, transitoire et pulvérulent, triomphant par sa légèreté et sa vulnérabilité mêmes". Jean Clair
Le monotype
"Procédé d´estampe qui se situe entre la gravure et la peinture; c´est en fait un procédé d´impression de peinture. On peint directement sur une plaque métallique, parfois de verre, à l´aide d´un pinceau et de peintures à l´huile ou d´encres grasses. On peut également faire des enlevages sur une application qui couvre la surface totale de la plaque à la manière noire. Puis sans attendre que la peinture ou les encres ne sèchent, on imprime comme avec une gravure encrée ordinaire, soit à la main en frottant le dos du papier soit à la presse; un aller et retour sur presse à taille douce donne un résultat plus nuancé. On emploie généralement un papier type velin, légèrement absorbant.
Ce procédé est un travail de peintre, il permet de peindre directement au pinceau, avec un grand nombre de couleurs.
Le mot monotype date de la fin du XIXème mais l´inventeur du procédé serait un génois Benedetto Castiglione (1616-1670), graveur inventif et souple; on explique en effet pas autrement ses "gravures", desquelles on peut déduire qu´il couvrait son cuivre d´encre noire et qu´il découvrait ensuite, au bâton, au pinceau ou au chiffon, les blancs d´un dessin négatif.
Le monotype eut une vogue assez grande à l´époque de l´impressionisme, Pissaro, Forain, Whistler, Lautrec, Gauguin s´y essayèrent mais c´est Degas qui fut le maitre du procédé, aussi bien en noir et blanc qu´en couleur.
Le monotype est assez recherché parce qu´il est rare"
André Béguin, in Dictionnaire de l´estampe, Bruxelles, 1977, p.350
Expositions:
1997 Abbaye de Port Royal, Paris
1999 Galerie Santo Stefano, Venise - Fiera d´Arte di Padova, Padoue
2000 Castel d´Arquato, Piacenza - Consiglio della Cultura, Vaticano -
"Roma Iubilans", Rome
2003 Centre Galliera (icones), Paris
2005 Villa Cosmetatos (icones), Le Cannet - Foire d´art internationale
(Lineart), Gand-Belgique
2006 La Capitale Galerie, Paris ( en permanence ) - Foire internationale
d´Art Moderne, Karlsruhe/ Allemagne
Les oeuvres :