Cela fait des années (des décennies) qu’il travaille les formes, les mouvements, les
couleurs et les rythmes. A force, mine de rien, fidèle à quelques lignes directrices,
méthodique et appliqué, il bâtit une œuvre. Oui, Bernard Le Quellec est un peintre,
tout simplement.
L’œuvre s’ébauche dans les aquarelles et les gouaches qui, dans son atelier, par
dizaines, s’amusent de ses tâtonnements et de ses surprises. Elle s’épanouit dans
les huiles qui depuis si longtemps jalonnent son parcours, dans une recherche âpre,
toujours recommencée, des secrets de la lumière, des phrasés des paysages, de la
structure de la mer et des ports.
Sa peinture est rythme, sa mer est cubiste. Huiles épaisses, matière généreuse.
Tension. Energie.
Mais il y a autre chose encore. Un autre domaine d’affection. En témoigne ces
chantiers grandioses, peinture de voûtes de chapelles ou d’églises.
Comme l’extraordinaire plafond de l’église de Pabu (22), invraisemblable chantier,
mené à tempera, où l’approche figurative se nourrit d’une influence résolument
contemporaine. Une peinture du XXI siècle pour un chantier du Moyen Age.
« Un bon tableau, écrit Charles Baudelaire, fidèle au rêve qui l’a enfanté, doit être
produit comme un monde ». C’est vrai de l’œuvre de Bernard Le Quellec.
Une œuvre qui donne sens à une vie. Une œuvre qui mérité, incontestablement, que
l’on s’y arrêt.
Jean – Michel Le Boulanger
Vue d´exposition :